DANSE
AVEC LES ARBRES
JEANPIERRE
BRAZS / 2003
© Dusan Ivanovic
Ville
de Magny-les-Hameaux - Musée national des Granges de Port-Royal
exposition personnelle / intervention paysagère,
photographie, installations / publication
Cinq installations
dans les Granges du musée national de Port-Royal des Champs pour
clôturer sept mois de résidence à Magny-les-Hameaux
Anamorphose: Dans la première étable, des
branches prélevées dans le domaine de Port-Royal sont disposées
au sol sans ordre apparent. Quelques traînées de peinture
blanche sont visibles et encouragent à se placer au point focal
de l’anamorphose pour percevoir un cercle blanc flottant sur les
branches. Ce qui est vu n’existe pas.
Feu de châtaignier: Au centre de la seconde étable
des fourches de châtaignier peintes selon des techniques traditionnelles
de tempera à l'œuf et de peinture à l'huile sont disposées
en foyer de façon à former trois cercles concentriques,
noir, rouge et or. La lumière s'apaisant avec la fin de la journée
fait disparaître le noir, puis le rouge. Dans la pénombre
ne brille que la couronne d'or.
Cérémonie: Dans le troisième espace,
sept personnages lèvent les bras au ciel. Six sont des branches
écorcées et blanchies, le septième est le poteau
supportant le plancher de la grange. Quelques traces de peinture ruissellent.
La forêt dans la grange: Au début du printemps,
dans la forêt de Magny-les-Hameaux aux abords de la Maison des Bonheur,
des têtes ont été posées dans quelques arbres
soigneusement élagués pour ne garder que des troncs et les
bras. La scène a été reconstituée de mémoire,
à petite échelle, puis photographiée en noir et blanc.
L'image lumineuse s'incruste dans l'obscurité.
Danse: Sur le sol de terre battue: de petites fourches
dans un cercle de lumière. Les ombres blanches des arbres qu'une
tête blanche regarde, dansent.
Promenons-nous dans les bois, ceux de Port-Royal des Champs : telle est
l’invitation que nous propose Jean-Pierre Brazs. En parcourant la
forêt qui couvre le territoire de Magny-les-Hameaux où il
a été accueilli en résidence, l’artiste a laissé
son regard cheminer d’arbres en arbres, capter les jeux de la lumière
entre les feuillages, suivre le déhanchement des troncs et le balancement
des branches. Le paysage s’est transformé en forêt
de mutants, en plateau de danse, en monde mystérieux de spectres,
en groupe de pèlerins dressant vers le ciel leurs bras d’orants.
Puis c’est la halte dans la ferme des Granges ; le randonneur y
poursuit une promenade où données cueillies en chemin ou
crées par l’imaginaire se mêlent, se métamorphosent
sous notre regard, font jaillir de la pénombre des étables
des couronnes lumineuses.
Le thème fédérateur de l’intervention de Jean-Pierre
Brazs dans les bâtiments du musée national des Granges de
Port-Royal est une branche fourchue qui semble lever les bras au ciel.
Cinq installations sont disposées d’espace en espace dans
un parcours qui conduit le visiteur de la pleine lumière de la
première écurie à l’obscurité de la
grange à avoine.
Depuis quelques années Jean-Pierre Brazs investit des lieux chargés
d’histoire où il transforme ou déplace des matériaux
collectés sur place, manipule la lumière réfléchie
pour qu’en des moments particuliers ceux qui regardent aient le
sentiment d’être là, c’est-à-dire reliés
à une réalité mouvante.
Née du lieu qui l’accueille, conçue comme une reformulation
esthétique et symbolique des promenades de l’artiste, l’exposition
prolonge l’écrin de verdure qui protège Port-Royal,
relie le visiteur à ses contours naturels sacrés, reconstitue
la mémoire d’un environnement éternellement dynamique
et serein.
Véronique
Alemany, conservatrice du Musée
national des Granges de Port-Royal
interventions
paysagères
accueil
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